Forum ATUGE 2008

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L’Association des TUnisiens des Grandes Ecoles (ATUGE) a eu l’habitude d’organiser annuellement un forum qui rassemble les Atugiens et qui met en place un ensemble de stands et de tables rondes, et ce en deux éditions, une à Paris et l’autre à Tunis. Ce présent post est un compte rendu formé par la relecture asynchrone des notes que j’ai prises ainsi que quelques unes de mes réflexions.

J’étais préparé pour un classique forum de recrutement avec des stands, du personnel RH et évidemment des candidats chercheurs d’emploi.  En s’inscrivant sur le site www.atuge.org , j’ai bien noté la présence d’un programme qui contient un agenda riche, mais on a beau vu de beaux agendas !

Pour commencer, je dirais qu’après quelques minutes de prospection des lieux, j’étais agréablement surpris de noter que la majorité des présents ne sont pas des nouveaux diplômés mais plutôt des ingénieurs expérimentés avec chacun au minimum 10 à 15 ans d’expériences, rassemblés à la fois par la nostalgie et l’ambition.

Au cours de la première conférence plénière ayant pour thème « Le Networking, support des ‘Stratégies pays’  gagnantes », j’étais marqué par deux interventions. La première est celle de Stephen Day, il était ambassadeur de l’état britannique en Tunisie et aujourd’hui, Président de l’association d’amitié tuniso-britannique, où ce diplomate chevronné a révèlé que les britanniques existent partout dans le monde, et a cité qu’aux Émirats Arabes Unis, il y a plus de britanniques que d’Émiratis. Ce qui m’a frappé, ce n’est ni son constat, ni son exemple, mais c’est la tempête que ces derniers ont généré dans ma tête pour collecter les témoignages télévisés que font les britanniques dans les jungles d’Afrique, des amis qui me parlent des britanniques en Europe ou aux États-Unis et finalement de ce que j’ai constaté dans ma courte visite à Dubai où, s’il y a un blanc qui circule, alors c’est sans doute  un britannique !! Dans un contexte plus économique, je dirais que pour plusieurs grandes entreprises, généralement d’origine Américaine, pour pénétrer le marché africain, nord-africain et/ou celui du moyen orient, ils installent un HQ Middle East & North Africa (MENA) à Londres !! ça pourrait être une mauvaise démarche mais c’est un fait, donc il faut plutôt réserver un moment de réflexion là-dessus.

La seconde intervention à laquelle j’ai porté un intérêt particulier c’est celle de Hakim El Karoui, plume de Jean-Pierre Raffarin et fondateur du club XXIe siècle où il a présenté le : « Young Mediterranean Leaders : du networking au lobbying, mode d’emploi » ,un événement qui rassemblera de jeunes décideurs de part et d’autres des rives de la méditerranée. Les détails peuvent être consultés dans le site du forum. En visitant ces quelques pages, je viens de tomber sur ce lien www.animaweb.org qui peut être une source d’information et de documentation sur les investissements dans la zone Med.

Maintenant, on arrive à la table ronde de l’après-midi. Donc sous-entendu je ne vais pas parler de la table ronde de la matinée qui a eu lieu juste après la conférence plénière vu qu’elle n’a presque rien apporté à ce qui est annoncé dans le programme. Je ne vais pas aussi parler du déjeuner offert par Tunisie Télécom et que les organisateurs ont réservé aux Atugiens, les autres payeront, mais avant cela, ils attendront s’il reste de la place !! donc pour sauver mon état d’âme ainsi que quelques amis on a du quitter pour déjeuner dans un restaurant à côté (oui, puisque ça n’a pas été annoncé dans le programme !)..

Le thème de la table ronde de l’après-midi qui a commencé avec un retard de 30 minutes était : « Technologies de l’information : Pour un positionnement clair et une image forte de la Tunisie ». C'était très convivial puisque les différents intervenants jouaient dans la même équipe pour une meilleure image de la Tunisie, non pas seulement comme une destination touristique (cela n’empêche que là aussi, il y a du boulot !!) mais aussi pour le développement informatique en Nearshore.

Pour commencer, Hassen Zargouni a postulé que l’image de la Tunisie est sensée être la responsabilité des organismes nationaux, à savoir le CEPEX, FIPA,… mais il a cité la représentation inadéquate que ces structures font lors des événements internationaux tel que  le Cebit. Cela était sans doute pour rendre plus carrée la table ronde et préciser que c’est aux entreprises tunisiennes de travailler sur l’image de la Tunisie car ce sont elles les premières bénéficiaires.

Relevant du monde SAP et du « System Integration », Mounir Beltaifa ex-Directeur de « SAP North Africa & Middle East » et CEO de l’entreprise « Bridge1 » a cité l’exemple de SAP quand ils cherchaient à s’implanter en Afrique du Nord. Il a dit que les avantages fiscaux n’attiraient pas cette firme, ils préfèrent aller dans un pays ou ils produisent, vendent et payent les impôts que dans un pays où actuellement il n’y a que 4 installations SAP ! (au Maroc, plus que 46 installations et en Algérie, plus que 15). Donc pour ce type d’offshoring (à la fois commercial et technique), il faut donc bien soigner son USP  (Unique Selling Point) vis-à-vis de chaque type de client (pour reprendre les mots de Noomane Fehri).

Noomane Fehri, « Head of business Development » des « SI services & Enterprise » chez « Atos Origin UK »  a annoncé qu’une stratégie pour conquérir le nord, s’agit de commencer par le Sud et l’Est, pour dire l’Afrique et le Moyen Orient, ensuite, ça intéresserait tout le monde dde travailler avec vous pour pénétrer ces marchés là. Il a argumenté par le fait qu’on partage le même continent avec les africains, et la même race et religion avec l’Est. Cependant, il y a beaucoup de points à discuter. Une des réactions que j’ai faite c’est sur la raison qui pousserait les pays membres du GCC à travailler avec des entreprises tunisiennes surtout qu’il n’ont pas un soucis de moyens, un point, c’est que même dans les pays du golfe, on a une image à soigner, on m’a dit dans mon séjour à Dubai, « tiens ! vous voilà parler arabe !! » eh oui, ils croient que le français est notre première langue (ainsi que beaucoup d’autre choses !!!). Noomane Fehri a aussi mentionné que la Tunisie est méconnue pour le marché londonien, ce qui est déjà intéressant où les acteurs concernés peuvent forger une image sans le souci d’éliminer les préjugés.

Rappelez-vous de ma remarque plus haut sur la stratégie des entreprises américaines qui installent leurs HQ MENA à Londres, raison de plus pour activer les réseaux londoniens, et les tunisiens ne manquent pas dans le fameux « The City of London » (un des plus grands pôles économiques et financiers du monde).

Pour ce qui est compétitivité avec le Maroc, Hassen Zargouni a qualifié de scoop l’information que bien que les marocains sont trois fois plus nombreux que nous (les tunisiens), on a le même nombre d’ingénieurs qu’eux, donc côté ressources humaines, on est sur la même case.

L’audience a réagit sur la création d’un pôle d’excellence à l’instar du Silicon Valley en Californie, baptisé « Sidibou Valley » comme un des “panelistes” a proposé, chose à la quelle j’ai réagi, parce qu’on part déjà sur une mauvaise piste, « Silicon = IT » et « valley = localisation », donc on vient de substituer le Silicon par Sidibou, donc comme si on faisait la promotion d’une résidence immobilière ou d’un site touristique. Les émiratis ont mieux compris le jeu, et ils ont déjà leur pôle : la « Dubai Silicon Oasis ».

A la fin de cette séance très instructive, un appel à la formation d’une commission à été formé pour poursuivre le travail sur le thème et récapituler les différentes réactions afin de construire un document de synthèse et d’une « roadmap » que supportera les bénéficiaires de cette compagne, entre autres les offshores Tunisiennes.

En parlant de SSII Offhore, je vous invite à visiter le site de Casashore (ou CasaNearshore) www.casanearshore.com . Vous comprendrez bien pourquoi Ubisoft, Sqli ou encore Bull ont déjà fait déjà leurs choix. Je rappelle que les menus d’ « Invest in Tunisia » sont incompatibles Firefox!!. Ne me dites pas qu’on a le technopôle d’Elghazala, contentez vous de ces deux articles de WebManagerCenter!!

Une des conclusions que j’ai pu tirer :

La sous-traitance à des SSII en Nearshore, ce n’est essentiellement pas  pour les grands groupes, c’est plutôt pour les PME qui aimeraient faire une expansion tout en contrôlant leurs budgets, car une marque bien établie préfèrerait s’implanter en son propre nom dans des pays émergents. Toutefois, ce n’est pas irréaliste, et les exemples ne manquent pas de voir un très grand groupe confier de l’externalisation à une SSII émergente, et ce n’est pas une stratégie de long terme, car c’est entre autre un « Test Drive » du pays (infrastructure, coutumes et un peu moins son administration) et des compétences ciblées, ensuite une délocalisation de masse pourrait éventuellement avoir lieu.

P.S. Pour une lecture plus formelle de l’événement, consulter cet article paru dans la presse tunisienne (WebManagerCenter).

 

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